
Les deux-roues motorisés connaissent un essor important au Maroc, qu’ils soient utilisés comme moyen de transport économique ou comme outil indispensable de travail, notamment dans les secteurs de la livraison et des déplacements urbains. Toutefois, cette progression s’accompagne d’une hausse préoccupante du nombre de victimes, faisant des usagers des deux-roues motorisés la catégorie la plus exposée aux décès et aux blessures graves sur les routes.
Dans ce contexte, une question essentielle se pose : le port du casque est-il désormais un réflexe chez tous les conducteurs et passagers de deux-roues, ou reste-t-il motivé davantage par la crainte d’une sanction que par une réelle conviction de son rôle dans la protection de la vie ?
Le casque : un investissement simple qui sauve des vies
Les spécialistes de la sécurité routière s’accordent à reconnaître que le casque constitue le principal équipement de protection du conducteur et de son passager. Contrairement aux automobilistes, les usagers des deux-roues ne bénéficient d’aucune structure de protection. En cas de chute ou de collision, la tête demeure donc la partie du corps la plus vulnérable aux traumatismes graves.
C’est pourquoi la législation marocaine impose le port du casque aussi bien au conducteur qu’au passager. Celui-ci doit être homologué, adapté à la taille de son utilisateur et correctement attaché. En effet, un casque ne remplit pleinement sa fonction que s’il est porté convenablement, avec la jugulaire correctement fermée, et s’il est en bon état.
Les données scientifiques démontrent qu’un casque de qualité absorbe une grande partie de l’énergie du choc et réduit considérablement le risque de traumatismes crâniens et de blessures mortelles. Son port, associé à un bon ajustement, réduit le risque de décès lors d’un accident de moto de plus de six fois et diminue jusqu’à 74 % le risque de lésions cérébrales. Les traumatismes crâniens demeurent en effet la principale cause de décès chez les usagers des deux-roues motorisés.
Entre obligation légale et comportement quotidien
Si le respect du port du casque s’est globalement amélioré, notamment en milieu urbain, les observations de terrain montrent qu’il est encore loin d’être devenu un véritable réflexe pour l’ensemble des usagers.
Plusieurs comportements continuent de réduire l’efficacité de cette mesure de protection, notamment :
- Porter le casque sans attacher correctement la jugulaire ;
- Utiliser un casque non homologué ou ne répondant pas aux normes de sécurité ;
- Ne pas fournir de casque au passager ;
- Retirer son casque immédiatement après avoir dépassé un point de contrôle ;
- Négliger son port lors des courts déplacements à l’intérieur des quartiers.
Les statistiques provisoires des accidents de la circulation enregistrées en 2025 confirment que les usagers des deux-roues motorisés demeurent la catégorie la plus touchée. Au cours de cette année, 1 983 conducteurs et passagers de deux-roues ont perdu la vie sur les routes marocaines, illustrant le poids particulièrement lourd que supporte cette catégorie dans le bilan de la mortalité routière.
Cette réalité montre que le véritable défi ne réside plus uniquement dans l’existence d’une obligation légale, mais dans l’ancrage d’une véritable culture de la prévention, afin que le port du casque devienne un réflexe systématique à chaque déplacement, qu’il soit court ou long.