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Lampes LED illégales sur les routes : un risque pour la visibilité et la sécurité

L’éclairage du véhicule joue un rôle essentiel dans la sécurité routière, notamment la nuit et dans des conditions de faible visibilité. Pourtant, de nombreux conducteurs installent des lampes LED non homologuées pour obtenir un éclairage plus puissant ou un aspect plus moderne. Si ces équipements peuvent sembler plus performants, ils présentent en contrepartie des risques importants pour la visibilité et la sécurité des autres usagers.

Une lumière trop forte ou mal orientée peut gêner les conducteurs venant en sens inverse, réduire leur champ de vision et augmenter le risque d’accident. Les effets peuvent être encore plus dangereux sur chaussée mouillée, dans le brouillard ou sur des routes peu éclairées.

Un éclairage puissant mais mal adapté aux optiques des véhicules

Les phares d’un véhicule sont conçus pour fonctionner avec un type d’ampoule précis (halogène, xénon ou LED d’origine). Lorsque l’on installe une ampoule LED non homologuée dans un phare conçu pour une ampoule halogène, la source lumineuse ne se situe plus exactement au même endroit dans l’optique.

Cette différence modifie la répartition du faisceau lumineux. Au lieu d’éclairer correctement la chaussée, la lumière est diffusée dans plusieurs directions, ce qui provoque :

  • un éblouissement des conducteurs arrivant en face ;
  • une gêne visuelle dans les rétroviseurs pour les véhicules qui suivent ;
  • une perte de contraste sur la route, rendant certains obstacles plus difficiles à distinguer.

Certaines lampes LED non homologuées peuvent produire une intensité lumineuse supérieure à 6000 lumens, alors que les phares halogènes classiques se situent généralement autour de 1000 à 1500 lumens. Cette puissance mal maîtrisée peut provoquer un éblouissement temporaire des autres conducteurs pendant plusieurs secondes.

Par ailleurs, beaucoup de lampes LED vendues sur le marché affichent une température de couleur très élevée (6000 à 8000 Kelvin). Cette lumière blanche très froide crée des reflets importants sur les panneaux, la chaussée mouillée ou les rétroviseurs, ce qui accentue la fatigue visuelle des conducteurs.

Aussi, les risques liés aux lampes LED illégales sont encore plus importants dans certaines situations :

  • par temps de pluie, où les reflets lumineux sur la chaussée réduisent la visibilité ;
  • dans le brouillard, où une lumière trop blanche peut créer un effet de halo
  • sur les routes non éclairées, où l’éblouissement peut masquer des piétons ou des obstacles.

Un conducteur ébloui peut perdre ses repères visuels pendant une à deux secondes. À une vitesse de 80 km/h, cela représente plus de 40 mètres parcourus à l’aveugle, ce qui peut suffire à provoquer une collision.

Une réglementation stricte pour garantir la sécurité

Au Maroc, les dispositifs d’éclairage des véhicules doivent respecter des normes techniques précises afin d’assurer un équilibre entre bonne visibilité pour le conducteur et absence de gêne pour les autres usagers.

Les phares installés sur un véhicule doivent être homologués et adaptés au système d’éclairage prévu par le constructeur. L’installation de lampes LED non homologuées ou incompatibles avec les optiques du véhicule constitue une modification non conforme de l’équipement du véhicule.

Conformément à la réglementation relative à la circulation routière, l’utilisation de dispositifs d’éclairage non conformes aux normes constitue une infraction de troisième classe, passible d’une amende de 300 dirhams.

En outre, lors du contrôle technique, un éclairage non conforme, mal réglé ou éblouissant peut entraîner une contre-visite afin de corriger l’anomalie.